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Le mot
d'Alain Bradfer, parrain de la cuvée "Journée du livre 2009"
Les
passions sont inénarrables par définition, partagées qu’elles sont
entre l’irrationnel et l’indicible. La mienne admet quelques bribes
d’explication. Sablet, d’abord que j’ai traversé sans y prêter plus
d’attention il y trente-cinq ans en découvrant le Vaucluse et dont
pendant les trente-quatre ans qui ont suivi, j’en ai fait un
paradigme du village provençal, rond, juché sur une croupe couverte
de vigne. Trente-cinq ans durant lesquels le journaliste rompu à des
contrées du Proche-Orient prohibant le vin, posait chaque année ses
valises en ce coin de Vaucluse et s’y est constitué une culture d’oenophile.
Avant de passer de l’autre côté du miroir et mener la passion à son
terme en devant vigneron, amoureux de ses généreux grenaches,
vénérables carignans et fougueux mourvèdres. Et puisque de
littérature il s’agit aussi, en lecteur impénitent, j’invite à la
découverte bachique de Jim Harrison, incapable d’éviter une
bouteille au détour de ses lignes ou de Gérard Oberlé, son ami
français, qui a conçu ces détours en autant d’ « Itinéraires
spiritueux ».
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